La préoccupation des consommateurs français pour leur santé et leur bien-être et la demande croissante de produits anti-âge, anti-chute capillaire et autres protection solaire sont des aspects que l’industrie cosmétique ne doit pas négliger.

A cela s’ajoutent des réglementations strictes sur l’utilisation d’ingrédients cosmétiques sécuritaires, la réduction de l’impact environnemental et l’utilisation efficace des ressources.

Tous ces aspects rendent nécessaire d’envisager l’innovation et le développement de nouveaux produits cosmétiques. C’est ainsi qu’est née la grande tendance en faveur des produits cosmétiques biologiques.

Bobo buzz ou vrai combat environnemental ?

L’environnement : le consommateur et la législation

L’étude consommateurs réalisée par l’Observatoire des Cosmétiques sur les ingrédients dangereux dans les cosmétiques et leur étiquetage, montre que 98,5% des consommateurs sont parfaitement conscients des parabènes et de leur impact sur la santé, devant les sels d’aluminium (95,7%), les silicones (93,9%) et les filtres UV (86,1%).

En ce qui concerne l’étiquetage, 76,6% ont exprimé leur intérêt pour un étiquetage permettant de reconnaître la présence de substances toxiques dans les produits cosmétiques.

C’est l’une des nombreuses preuves qui concluent à la préoccupation croissante du consommateur pour sa santé et son bien-être, s’intéressant non seulement aux produits alimentaires mais aussi aux cosmétiques.

En ce qui concerne le cadre législatif, le règlement (CE) n° 1223/2009 fait référence aux produits cosmétiques. Selon l’annuaire de Cosmetics Europe de 2014, la Commission européenne a achevé en 2014 une enquête sur les ingrédients cosmétiques et a introduit des réglementations pour certains ingrédients tels que les parabènes, les alkyles (C16, C18, C22) et le chlorure de triméthylammonium.

En outre, les résultats de la recherche comprennent une proposition visant à interdire l’utilisation des conservateurs MIT dans les cosmétiques en raison des réactions possibles qu’ils peuvent provoquer sur la peau.

Ces facteurs incitent l’industrie cosmétique à rechercher de nouveaux ingrédients et de nouveaux développements conformes à la législation et à la demande des consommateurs. Les produits d’hygiène personnelle biologiques sont fabriqués à partir d’ingrédients issus de l’agriculture biologique et traités naturellement sans ajout de produits chimiques.

De nouveaux cosmétiques bio pour les consommateurs

Comme l’indique l’étude de marché Transparency Market Research, sur le marché des produits biologiques, l’intérêt croissant des consommateurs pour la sécurité sanitaire, la prise de conscience écologique et la connaissance progressive des dangers associés aux produits chimiques synthétiques (sels d’aluminium, phtalates et parabènes) vont stimuler la demande de produits biologiques d’hygiène personnelle.

Le marché des produits d’hygiène personnelle biologiques a réalisé un chiffre d’affaires de 8,23 milliards de dollars en 2013 et, selon l’étude de marché de Grand View Research, devrait atteindre 15,98 milliards de dollars d’ici 2020.

Ce n’est pas juste une petite tendance, c’est un véritable business que des marques comme Lush se sont empressées de saisir.

3 facteurs clés dans le développement des cosmétiques biologiques.

1. La technologie

De plus en plus de produits, en raison de leur haute teneur en ingrédients fonctionnels, peuvent être utilisés comme matières premières dans l’industrie des soins personnels. Actuellement, il est possible de trouver sur le marché des produits à base d’ingrédients issus de cultures de microalgues.

Il existe plusieurs technologies qui permettent d’obtenir des ingrédients naturels et biologiques pour l’industrie cosmétique. L’une d’entre elles est la biotechnologie, dans laquelle certains micro-organismes participent à des fermentations contrôlées pour donner naissance à des produits à haute valeur ajoutée. C’est le cas des peptides actifs, des pigments comme l’astaxanthine des levures rouges ou des acides gras oméga-3.

L’extraction d’ingrédients actifs à partir de matières premières naturelles telles que les herbes, les fruits et légumes, les graines, etc. peut être réalisée en utilisant du CO2 supercritique.

Comparée à l’extraction chimique, cette technologie permet des rendements d’extraction et une pureté élevés, c’est une technologie propre qui ne laisse aucun résidu et qui est non invasive, il est donc possible d’utiliser à la fois l’extrait et la matière restante. Des exemples d’ingrédients obtenus grâce à cette technologie sont les huiles essentielles dérivées de plantes comme le romarin, les graisses végétales comme l’huile d’amande ou la graisse de cacao.

L’utilisation de ces technologies permet de produire une grande quantité de biomasse qui peut être utilisée pour l’alimentation animale, pour obtenir d’autres composés intéressants ou pour la production d’énergie dans l’entreprise elle-même.

2. Produits biologiques

Comme sur le marché des cosmétiques traditionnels, les soins de la peau sont les plus demandés et ceux dans lesquels les efforts de R&D sont les plus importants. Parmi les principaux ingrédients, on trouve des dérivés d’herbes, des fruits et des légumes dans les produits de soins de la peau aux propriétés anti-âge.

En deuxième position se trouvent les produits de soins capillaires comme les shampoings solides qui se concentrent sur la lutte contre les pellicules, la perte de cheveux et apportent soin et brillance.

3. Certification des produits

Le secteur des produits d’hygiène corporelle biologiques a été accusé à plusieurs reprises de greenwashing, c’est-à-dire d’utiliser l’impact environnemental à des fins commerciales.

La croissance du secteur dépend donc de la capacité du secteur à faire passer un message adéquat, en plus d’avoir une certification qui garantit l’origine biologique du produit.

À l’heure actuelle, les consommateurs sont touchés par un grand nombre de revendications, de logos et de marques de commerce qui engendrent de la confusion et un certain scepticisme.

Pour cette raison, il est nécessaire d’avoir un organisme accrédité qui certifie que les produits cosmétiques sont biologiques et qu’ils répondent à toutes les exigences et normes. Contrairement aux aliments biologiques, il n’existe pas de normes légales relatives aux cosmétiques biologiques, ce qui fait que les produits contenant un faible pourcentage d’ingrédients biologiques coexistent avec d’autres avec un pourcentage élevé.